Émancipation des femmes par la musique: portrait de Nathelie Sam (compositrice, bassiste)

 

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Y a-t-il une femme qui t’aie inspirée à travers sa musique ?

Je n’ai pas l’habitude de réfléchir sur le sexe des personnes quand j’écoute de la musique. Comme presque tout dans la vie, je ne crois pas que le genre joue un rôle important dans le produit ou le travail que nous créons. J’écoute de la musique pop de femmes artistes dont Adèle et Sara Bareilles (qui toutes deux écrivent leur propre musique).

Quelle est la force motrice de ta carrière ?

Ma détermination est ma force parce que je n’ai pas l’habitude de composer pour n’importe qui. J’écris parce que je le veux. Je pourrais composer en ayant certains musiciens ou personnes à l’esprit, mais ma propre imagination et mon ambition me font aller de l’avant.

Y a-t-il une expérience ou une anecdote qui t’aie influencée ou comment perçois-tu ton   influence sur d’autres dans l’industrie de la musique ?

Je me souviens qu’à l’époque, cette expérience me sembla absolument horrible et humiliante, mais aujourd’hui je réalise que ce fut un point tournant de ma découverte de ma propre créativité. J’ai commencé le piano quand j’avais 6 ans. Ce fut une expérience d’apprentissage pour moi puisque c’était la première fois que j’apprenais à jouer d’un instrument. Je suis une personne très têtue (je ne m’en cache pas), et je ne voulais pas lire ce qu’il y avait sur la page car j’avais des idées bien à moi. Cela m’a causé beaucoup de difficultés.

Une chose que tu aimerais que les jeunes femmes sachent sur toi ?

Que les barrières de genre sont un concept social. Il n’existe pas de professions, carrières, emplois, ou même d’instruments qui sont scrictement faits pour les garçons ou les filles. Mes collègues musiciennes et moi, nous nous sommes faites dire que nos instruments sont pour les garçons, ce qui est complètement faux. Tout le monde devrait être libre de poursuivre ce qu’ils veulent. Nous sommes tous intelligents et talentueux à notre façon, mais nous devons toujours  travailler pour notre réussite.

D’où provient ta passion pour la musique, et qu’est-ce qui t’a motivé à poursuivre une carrière en musique?

Je ne sais pas vraiment d’où vient ma “passion”; je crois que la passion vient de la détermination, la persévérance, l’expérience et la créativité. J’ai toujours suivi la musique là où elle me menait. J’ai observé que lorsqu’une porte se ferme, plusieurs autres portes s’ouvrent.

Y a-t-il un mentor ou un professeur de musique qui t’a particulièrement influencée?

J’ai eu un professeur de violoncelle qui m’a vraiment encouragée à poursuivre la composition. Je composais pour tromper mon ennui. J’avais des idées à l’avance, mais je n’ai jamais pensé à les mettre par écrit. Compositeur lui-même, il m’a recommandé d’utiliser le logiciel Sibelius. De là, nous avons eu des mini-cours de composition où il faisait des suggestions.

Comment la musique t’a-t-elle donné de l’assurance?

La musique nous donne une voix d’une manière que les mots ne peuvent exprimer. Souvent, quand j’essaie de décrire ma musique, je ne trouve pas les bons mots. La musique m’a donné une activité qui n’est pas uniquement récréative. Elle m’a donné le sentiment d’être utile, que ce soit par la composition, l’enseignement, ou la lecture. C’est un art qui se présente sous tellement de formes différentes, et dans une certaine mesure tout le monde peut s’impliquer dans la musique.

Qu’espères-tu que les jeunes puissent saisir ou réaliser à partir de leurs propres expériences musicales ?

J’espère qu’ils vont apprendre que si une porte se ferme, cela ne signifie pas que toutes les portes sont fermées. Quand j’ai auditionné pour l’Orchestre symphonique des jeunes de Vancouver (premier niveau) avec mon violoncelle, je ne m’attendais pas à ne pas être choisie, donc je n’ai pas imaginé que je pourrais recevoir une offre pour jouer de la basse. J’ai fini par jouer de la basse avec eux, et j’ai appris à aimer cet instrument à un point tel que c’est désormais mon instrument principal. Aussi, se comparer aux autres n’est pas toujours bon. Ne vous comparez pas à ceux qui sont des prodiges ou à n’importe qui d’autre. Cela pourrait vous faire sentir terrible. Il suffit de savoir que tout le monde avance à son propre rythme.

Nomme les réalisations, prix et honneurs qui sont les plus importants pour toi.

La première fois qu’un orchestre a joué ma musique, c’était extraordinaire. Je l’avais entendue par le biais de l’ordinateur, mais la performance d’un véritable orchestre lui donne tant de vie et de beauté que les mots ne parviennent pas à exprimer ce que j’ai ressenti. Je ne considère pas les récompenses ou les certificats comme quelque chose de vraiment important. C’est bien d’en avoir, mais je compose aussi pour la musique elle-même et pour l’habileté artistique plutôt que pour la célébrité et la gloire (bien que ces choses comptent aussi).

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